Santé

DHEA-S élevée : un taux haut n’indique pas forcément une tumeur

Élise Montrelais 7 min de lecture
SDHEA prise de sang : tube sanguin et analyse DHEA-S

La prise de sang SDHEA mesure la DHEA-S, une hormone produite principalement par les glandes surrénales. Elle est souvent prescrite en cas d’acné persistante, de pilosité importante, de règles irrégulières ou pour explorer la fonction surrénalienne. Un résultat anormal doit être interprété avec un médecin, car un taux élevé isolé ne suffit pas à conclure à une maladie grave.

SDHEA, DHEA-S ou sulfate de déhydroépiandrostérone : que mesure l’analyse ?

SDHEA, DHEA-S, DHEAS et sulfate de déhydroépiandrostérone désignent la même molécule. Il s’agit de la forme sulfatée de la DHEA, une hormone stéroïde fabriquée surtout par les glandes surrénales, situées au-dessus des reins. Une petite partie peut aussi provenir des gonades.

Convertisseur d’unités de la DHEA-S

Convertissez une concentration de DHEA-S entre µg/dL et µmol/L.

Facteur utilisé : 1 µmol/L ≈ 36,85 µg/dL.
Conversion vers µmol/L : valeur en µg/dL ÷ 36,85.
Conversion vers µg/dL : valeur en µmol/L × 36,85.

Ce résultat est uniquement une conversion d’unité et ne constitue pas une interprétation médicale. Les valeurs de référence dépendent notamment de l’âge, du sexe, du contexte hormonal et du laboratoire. Comparez votre résultat à l’intervalle de référence indiqué sur votre compte-rendu et demandez conseil à un professionnel de santé si nécessaire.

La DHEA-S sert de précurseur hormonal. L’organisme peut l’utiliser dans les voies de fabrication de l’androstènedione, de la testostérone et des œstrogènes. Sa production est influencée par l’ACTH, une hormone sécrétée par l’hypophyse qui stimule l’activité des glandes surrénales.

Pourquoi doser la DHEA-S plutôt que la DHEA seule ?

La DHEA-S circule plus longtemps dans le sang que la DHEA. Sa demi-vie est d’environ 20 heures, contre environ 30 minutes pour la DHEA. Elle offre donc une mesure relativement plus stable de la production androgénique d’origine surrénalienne. Elle ne remplace toutefois pas les autres dosages hormonaux : le médecin les associe selon les symptômes et la situation clinique.

Dans quelles situations la prise de sang SDHEA est-elle prescrite ?

Le dosage est demandé lorsqu’un médecin recherche une hyperandrogénie, c’est-à-dire un excès d’hormones à effet androgénique. Chez la femme, il peut faire partie d’un bilan en présence d’une pilosité excessive, d’acné, d’une chute de cheveux d’allure androgénétique, de cycles espacés ou absents, de difficultés d’ovulation ou d’infertilité.

Schéma hormonal expliqué avec la prise de sang SDHEA, l’ACTH et les glandes surrénales
Schéma hormonal expliqué avec la prise de sang SDHEA, l’ACTH et les glandes surrénales
  • Explorer un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), qui concerne environ 5 à 10 % des femmes en âge de procréer ;
  • rechercher une origine surrénalienne à des signes d’hyperandrogénie ;
  • évaluer une puberté précoce ou retardée chez l’enfant ou l’adolescent ;
  • orienter le bilan d’une hyperplasie congénitale des surrénales, d’un syndrome de Cushing ou, plus rarement, d’une tumeur surrénalienne ;
  • participer à l’exploration d’une insuffisance surrénalienne ou d’un trouble hypophysaire lorsque le taux est bas.

Chez l’homme, l’analyse peut aussi contribuer à l’évaluation de la fonction surrénalienne. La prescription tient compte des symptômes, de l’âge, des antécédents et des autres résultats biologiques. Elle ne concerne donc pas un seul profil de patient.

Prélèvement : à jeun, horaire et déroulement pratique

Faut-il être à jeun ?

Pour un dosage de DHEA-S seul, il n’est généralement pas nécessaire d’être à jeun. Le laboratoire ou le médecin peut toutefois donner des consignes différentes si d’autres analyses sont prévues au même moment. Il est préférable de suivre l’ordonnance et les instructions reçues lors de la prise de rendez-vous, sans modifier son alimentation ou son traitement de sa propre initiative.

Signalez les médicaments, contraceptifs ou traitements hormonaux, corticoïdes et compléments que vous prenez. La grossesse, la ménopause, le stress et le contexte du cycle menstruel peuvent également guider l’interprétation. Certains praticiens privilégient un prélèvement le matin, parfois entre 7 h et 9 h, pour harmoniser le bilan hormonal.

Un prélèvement court, avec peu de risques

La prise de sang SDHEA consiste en un prélèvement veineux, le plus souvent au pli du coude. Il dure généralement 5 à 10 minutes. Une légère douleur au moment de la piqûre, un petit hématome, un gonflement local ou un malaise transitoire sont possibles. Les complications restent rares.

Les résultats sont souvent disponibles en 12 à 24 heures, selon le laboratoire. Le délai peut néanmoins aller de quelques heures à quelques jours. Le coût et les modalités de remboursement dépendent de la prescription, du laboratoire et de la couverture de chaque patient.

Valeurs normales : pourquoi le chiffre ne se lit jamais seul

Il n’existe pas une valeur « normale » universelle. La DHEA-S augmente pendant la puberté, atteint habituellement un pic à la fin de l’adolescence ou au début de la vingtaine, puis diminue progressivement avec l’âge. Le sexe, la grossesse, la ménopause et la méthode d’analyse du laboratoire interviennent aussi.

Profil Plages indicatives rapportées Point de vigilance
Homme adulte 80 à 560 µg/dL Les normes varient selon l’âge et le laboratoire.
Femme adulte 35 à 430 µg/dL Le statut hormonal modifie l’interprétation.
Femme de 20 à 40 ans 1,8 à 7,7 µmol/L, soit environ 65 à 280 µg/dL Plage indicative à comparer au compte-rendu.
Après la ménopause 0,5 à 2,6 µmol/L La baisse liée à l’âge est attendue.

Les unités peuvent être exprimées en µmol/L ou en µg/dL. Une conversion approximative ne suffit pas pour s’autoévaluer. Il faut lire les valeurs de référence imprimées à côté du résultat, car l’âge, l’unité, la méthode du laboratoire et le contexte hormonal peuvent modifier sa signification.

Taux élevé ou bas : les causes envisagées et la suite du bilan

Une DHEA-S élevée n’est pas un diagnostic

Une élévation peut accompagner une hyperandrogénie surrénalienne, un SOPK, une hyperplasie congénitale des surrénales ou un syndrome de Cushing. Plus rarement, elle peut conduire à rechercher une tumeur surrénalienne ou ovarienne. Chez une femme en âge de procréer, une valeur supérieure à 700 µg/dL, soit environ 18 à 19 µmol/L, justifie une évaluation médicale attentive. Après la ménopause, un taux autour de 400 µg/dL, soit environ 10,8 µmol/L, doit également être discuté.

Une valeur dépassant le double de la limite supérieure du laboratoire, l’apparition rapide de signes de virilisation, une modification de la voix ou une progression rapide des symptômes peuvent conduire à accélérer les investigations. À l’inverse, une hausse modérée sans symptôme ne signifie pas automatiquement la présence d’une tumeur ou d’un cancer.

Que peut traduire un taux bas ?

Un taux bas peut simplement refléter la diminution physiologique de la DHEA-S avec l’âge. Selon le tableau clinique, il peut aussi être associé à une insuffisance surrénalienne, notamment la maladie d’Addison, ou à un trouble de la commande hypophysaire. Le résultat doit être comparé aux autres hormones et à l’état de santé général.

Quels examens après un résultat anormal ?

Le médecin peut demander de contrôler le dosage ou de le comparer à celui de la testostérone, de l’androstènedione, de la 17-OH-progestérone, du cortisol ou d’autres hormones. Selon les signes présents, une imagerie des surrénales, un test de stimulation à l’ACTH ou au Synacthène, un test de suppression à la dexaméthasone, voire des dosages de rénine et d’aldostérone peuvent être envisagés.

Ces examens servent à préciser l’origine de l’anomalie et à distinguer les différentes causes possibles. Un résultat isolé ne permet pas de poser un diagnostic. Son interprétation repose sur les symptômes, leur évolution, l’âge, le statut hormonal, les antécédents et les autres résultats du bilan.

Élise Montrelais
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